Grâce à l’hypnose, il est possible de subir une opération chirurgicale dans de meilleures conditions. Concrètement, l’hypnose provoque chez une personne des changements neurophysiologiques, cognitifs, et émotionnels qui ont pour effet de changer sa perception de la peur d’une opération chirurgicale. C’est ce qu’on appelle hypnoalgésie ou hypnosédation.
L’essentiel à retenir
- L’hypnosédation associe une anesthésie locale, une sédation consciente légère et l’hypnose, sous la conduite d’un médecin anesthésiste.
- Elle a été développée au début des années 1990 au CHU de Liège par la Dr Marie-Elisabeth Faymonville, médecin anesthésiste.
- L’INSERM (2015) retient un intérêt de l’hypnose en anesthésie : elle réduit les doses de sédatifs et d’antalgiques pendant l’intervention.
- Elle concerne surtout des interventions superficielles ou de durée modérée (thyroïde, sein, chirurgie de surface), jamais les opérations lourdes.
- En cabinet, l’hypnose sert avant tout à préparer l’intervention et à apaiser l’anxiété en amont de l’opération.
Opter pour l’opération sous hypnose : est-ce nécessaire ?
De plus en en plus, les opérations sous hypnose se multiplient. Elle est utile avant, pendant et après l’opération. Cette méthode est bénéfique à plusieurs niveaux. Pendant les interventions chirurgicales, la majorité des patients se montrent anxieux. L’hypnose a pour vocation de calmer cette anxiété et de créer une cohésion entre le patient et le soin apporté.
Sous effet de l’hypnose pendant une opération, la présence physiologique du patient est garantie, ce qui permet au chirurgien d’appliquer plus aisément sa technique. Aussi, lors d’une opération, l’anesthésie peut freiner la circulation sanguine ou encore la cicatrisation.
La chirurgie sous hypnose permet justement de mieux contrôler ces mécanismes et agit même jusqu’au niveau de la salivation. Après l’opération, elle permet une meilleure récupération au patient.
Chirurgie sous hypnose : pour quel type d’opération ?
Si l’hypnose chirurgicale se repend très vite, cela témoigne de son efficacité. Elle est surtout conseillée pour les personnes donc l’anesthésie est proscrite. Toujours est-il qu’il faut avoir l’aval du patient avant d’intervenir. Mais elle est plus adaptée à certains types d’opérations.
L’une des opérations sous hypnose à l’hôpital les plus fréquentes est la chirurgie du sein chez la femme. Il peut s’agir du retrait d’une petite tumeur, une amputation du sein ou tout simplement une chirurgie esthétique.
Pour l’ablation de la thyroïde, on peut également faire recours à l’hypnose. Lorsqu’il y a un accident et que malgré l’anesthésie le patient a du mal à supporter la douleur, le chirurgien peut avoir besoin d’un hypnothérapeute pour soulager le patient et le détendre. Cela facilitera son travail pour recoudre une plaie ouverte ou encore enlever une broche placée après la fracture de l’os.
Il est important de noter que l’opération sous hypnose ne peut pas se faire pour les situations profondes comme l’ablation d’une amygdale ou encore un triple pontage.
Une opération sous hypnose nécessite beaucoup de préparation
Une opération chirurgicale est très complexe, alors, on ne saurait la prendre à la légère. Si vous voulez l’effectuer sous hypnose, il faudra bien se préparer, c’est-à-dire deux à trois jours avant l’opération. Ce sera l’occasion pour le cerveau du patient d’être réceptif et de se détendre pendant l’opération.
L’hypnose ne supprime pas totalement l’anesthésie. Si vous devez subir une ablation du sein par exemple, il est indispensable que le chirurgien fasse une anesthésie locale.
Dans ce contexte, l’hypnothérapeute va vous assister jusqu’à la fin de l’opération. Dans une situation d’anesthésie générale, si le patient montre une certaine anxiété, l’hypnothérapeute pourra intervenir pour l’aider à récupérer.
En agissant ainsi pendant une opération, le patient a plus de chance de retrouver une meilleure santé rapidement et de réduire le temps de convalescence. Alors, si vous devez subir une opération, pensez à vous rapprocher d’un hypnothérapeute professionnel ayant une longue expérience dans ce domaine.
Qu’est-ce que l’hypnosédation, exactement ?
L’hypnosédation est une technique d’anesthésie qui combine trois éléments : une anesthésie locale du site opéré, une sédation consciente légère administrée par voie intraveineuse, et l’hypnose. Le patient reste conscient mais profondément détendu, dans un état de focalisation proche de la rêverie. Point important : cette technique est réalisée par un médecin anesthésiste formé à l’hypnose, au bloc opératoire, et non par un hypnothérapeute de ville.
Cette approche a été développée au début des années 1990 au CHU de Liège, en Belgique, par la Dr Marie-Elisabeth Faymonville, médecin anesthésiste. Elle a depuis été reprise dans plusieurs hôpitaux français, notamment en chirurgie de la thyroïde et du sein. L’objectif n’est pas de supprimer toute médication, mais de réduire les doses nécessaires et de rendre l’intervention plus confortable.
Que dit la science sur l’opération sous hypnose ?
En 2015, un rapport de l’INSERM a analysé une cinquantaine d’essais cliniques sur l’hypnose. Il a retenu un intérêt thérapeutique en anesthésie, où l’hypnose permet de réduire la consommation de sédatifs et d’antalgiques pendant l’intervention, avec souvent une récupération plus rapide. Le même rapport rappelle que les effets de l’hypnose restent difficiles à mesurer avec les outils cliniques habituels et qu’elle ne convient pas à toutes les situations.
Autrement dit, l’opération sous hypnose n’est ni un gadget ni une solution miracle : c’est une option encadrée, proposée pour certaines interventions précises, et toujours avec l’accord du patient.
Pour quelles opérations l’hypnose est-elle utilisée ?
L’hypnosédation est surtout proposée pour des interventions superficielles ou de durée modérée, qui ne nécessitent pas une anesthésie générale profonde. Elle a aussi un intérêt pour les personnes chez qui l’anesthésie générale présente un risque accru.
| Souvent envisageable | Plutôt déconseillé |
|---|---|
| Chirurgie de la thyroïde | Chirurgie lourde ou profonde (abdomen, thorax) |
| Chirurgie du sein (tumorectomie) | Interventions longues et complexes |
| Chirurgie de surface, certains gestes plastiques | Situations d’urgence |
| Soins dentaires, petits gestes | Patient ne souhaitant pas ou ne pouvant pas coopérer |
Cette répartition reste indicative : la décision finale revient toujours à l’équipe médicale et à l’anesthésiste, en fonction de l’intervention, de l’état de santé et du souhait du patient. L’hypnosédation suppose une coopération du patient, ce qui implique d’être informé et volontaire.
Le rôle de l’hypnose en amont : préparer l’intervention
Même quand l’opération se déroule sous anesthésie classique, l’hypnose garde un rôle utile en amont. La majorité des patients ressentent de l’anxiété avant une intervention, et ce stress peut compliquer l’endormissement comme le réveil. Un travail de préparation permet d’aborder le jour J plus sereinement.
C’est là qu’intervient un cabinet comme le nôtre : en quelques séances avant l’opération, nous aidons à réduire l’appréhension, à installer des images apaisantes et à apprendre des techniques simples d’auto-hypnose mobilisables le jour de l’intervention. Cette préparation ne remplace pas l’anesthésiste : elle l’accompagne, en agissant sur la part émotionnelle.
Pour aller plus loin avec l’hypnose
Pour comprendre comment l’hypnose agit, notre page sur la définition de l’hypnose retrace son histoire et ses principes. Si c’est surtout l’appréhension qui vous préoccupe, l’hypnose contre le stress et l’anxiété est la piste la plus directe. Enfin, pour vous préparer par vous-même avant une intervention, découvrez les techniques d’auto-hypnose.
Sources
- INSERM. Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, 2015.
- Institut Français d’Hypnose. Dr Marie-Elisabeth Faymonville, pionnière de l’hypnosédation au CHU de Liège.
Quelles opérations peut-on faire sous hypnose ?
L’hypnosédation est surtout proposée pour des interventions superficielles ou de durée modérée : chirurgie de la thyroïde, chirurgie du sein, certains gestes de surface ou soins dentaires. Elle n’est pas adaptée aux opérations lourdes, profondes ou urgentes. La décision revient toujours à l’anesthésiste et à l’équipe chirurgicale.
L'hypnose remplace-t-elle complètement l'anesthésie ?
Non. L’hypnosédation ne supprime pas toute médication : elle associe l’hypnose à une anesthésie locale du site opéré et à une sédation légère. L’hypnose permet surtout de réduire les doses de sédatifs et d’antalgiques, pas de s’en passer totalement.
Qui pratique l'hypnose pendant une opération ?
Au bloc opératoire, c’est un médecin anesthésiste formé à l’hypnose qui conduit l’hypnosédation, pas un hypnothérapeute de ville. Un cabinet d’hypnose comme le nôtre intervient en amont, pour préparer l’intervention et apaiser l’anxiété avant l’opération.
L'opération sous hypnose existe-t-elle en France ?
Oui. Développée au début des années 1990 au CHU de Liège, en Belgique, la technique a été reprise dans plusieurs hôpitaux français, notamment pour la chirurgie de la thyroïde et du sein. Sa disponibilité dépend toutefois de l’établissement et des anesthésistes formés.
Comment se préparer à une opération sous hypnose ?
La préparation passe par quelques séances en amont : on apprend à se détendre, à mobiliser des images apaisantes et à pratiquer des techniques simples d’auto-hypnose pour le jour J. L’objectif est d’arriver à l’intervention plus serein, en complément du suivi médical et de l’anesthésiste.


