Peur-du-vide

L’acrophobie, ou peur du vide, est une peur excessive et irrationnelle des hauteurs. Comment s’en libérer ? La prise en charge de référence des phobies est la thérapie d’exposition (thérapie cognitivo-comportementale) ; l’hypnose intervient en complément, pour apaiser l’anxiété d’anticipation et les sensations de panique liées au vide. Attention à ne pas confondre l’acrophobie, d’origine psychique, avec le vertige médical, qui vient d’un trouble de l’oreille interne et relève d’un avis médical.

L’essentiel à retenir

On la qualifie parfois de peur des hauteurs, phobie du vide ou encore vertige : l’acrophobie consiste en une peur panique de tomber de haut, au sens propre du terme ! Cette curieuse et fascinante phobie se manifeste surtout de manière physiologique. Lorsqu’il est confronté au vide, l’individu qui en souffre est pétrifié, victime de troubles de l’équilibre s’il tente de bouger (les fameux vertiges). Le vertige peut dans certains cas être lié à un dysfonctionnement de l’oreille interne mais nous verrons que la véritable acrophobie est plutôt d’origine psychique.

Parce qu’elle permet à l’individu de se détendre et de reprendre le contrôle, l’hypnose est une thérapie brève particulièrement intéressante pour vaincre l’acrophobie…

Acrophobie : mieux la comprendre pour mieux la soulager

Lorsqu’ils se trouvent à proximité du vide, les acrophobes perdent tous leurs repères… Comment se manifeste-t-elle et quelles causes peut-on attribuer à cette puissante phobie ?

Une réaction disproportionnée

Certains parlent littéralement d’un appel du vide. La crise d’acrophobie se distingue de la crise d’angoisse phobique classique puisqu’elle provoque une sensation physique très spécifique : le vertige. Bien sûr, il est naturel et sain d’avoir un léger vertige lorsque l’on se trouve à proximité d’un précipice et sans protection. C’est une réaction physiologique archaïque, impulsée par le cerveau reptilien pour éviter l’accident.

Mais cet instinct de survie est comme déréglé dans le cas de l’acrophobie. Le réflexe naturel se transforme en appréhension et, dans certains cas, en véritables crises de panique. Une thérapie par l’hypnose peut aider à apaiser cette réaction excessive, en travaillant sur l’anxiété qui l’entretient.

Peur du vide : quelles conséquences au quotidien ?

L'hypnothérapie pour soigner la peur du vertige

La crise d’acrophobie se manifeste dès lors que l’individu se trouve au-dessus du vide. Balcons, ponts, immeubles, paysages vertigineux ou même escaliers…

Sans nous en rendre compte, nous le côtoyons régulièrement dans nos quotidiens. Les acrophobes peuvent être handicapés par ce mal dans leur vie professionnelle et personnelle, au travail comme en vacances, avec leurs proches, dans la rue ou encore en voiture.

Pour eux, certaines sorties sont tout simplement inenvisageables ! La perspective des hauteurs et du vide les angoisse avant même que la situation ne se présente et ils mettent en place une stratégie d’évitement. Plus étonnant encore, les sensations de vertige peuvent se manifester à la simple vue d’une photo du vide.

Parmi les symptômes, spectaculaires, de l’acrophobie, voici les plus fréquents :

Le ‘vertige’ et ses grandes causes

L’hypnose Ericksonienne est particulièrement indiquée pour soulager les causes psychologiques de la peur du vide.

Quand le corps se trouve en altitude, à proximité du vide, ses repères ne sont plus les mêmes. Pour maintenir son équilibre, il doit faire appel à son oreille interne, aussi appelée système vestibulaire. Chez certains acrophobes, il semblerait que cette dernière fonctionne mal. Le patient peut se faire prescrire un test par son médecin traitant pour savoir si son système vestibulaire est défaillant. Le cas échéant, il existe des traitements.

Dans les autres cas, et c’est là qu’intervient l’hypnose, les causes sont plutôt psychiques. Cette phobie peut être transmise dès le plus jeune âge, par des parents ou des proches trop inquiets.

Bien sûr, les chutes et traumatismes peuvent aussi être à l’origine de l’acrophobie. Comme pour toutes les phobies, on dit que les tempéraments anxieux sont également plus concernés.

Hypnose et acrophobie : agir sur l’anxiété liée au vide

Gestion des émotions et montées d’angoisse : l’hypnose peut aider

La thérapie par l’hypnose plonge dans un état de relaxation profonde, proche de celui dans lequel nous sommes juste avant de tomber dans les bras de Morphée.

Bien sûr, lorsque le corps est parfaitement détendu, le sujet évacue le stress et reprend le contrôle de ses émotions.

La phobie, quelle qu’elle soit, est intrinsèquement liée à l’angoisse. Se détendre profondément, c’est prendre le dessus sur ses angoisses, les mettre en pause, voire les éteindre.

Mais le travail de l’hypnose ne s’arrête pas à la relaxation…

hypnose peur du vide

Déconstruire ses croyances négatives et anxiogènes

Pour remodeler les fausses croyances à l’origine des phobies, les hypnothérapeutes font appel à une technique de suggestion hypnotique. Ils se focalisent donc sur la pensée négative associée à la phobie.

En l’occurrence, pour l’acrophobe, le vide représente un danger de mort, y compris dans un espace sécurisé ou à une hauteur très faible.

Le travail en hypnose aide à revisiter cette croyance (« le vide est un danger de mort ») pour la rendre moins envahissante, par des suggestions adaptées à la personne.

L’objectif du praticien ? Soulager les symptômes de l’acrophobe (anticipés ou vécus). Ce travail est guidé par l’hypnothérapeute mais entièrement initié par l’individu lui-même, qui reste maître du processus.

Une séance d’hypnose pour rééquilibrer sa réaction face au vide

Quel ‘acrophobique’ êtes-vous ?

En hypnose Ericksonienne comme dans de nombreuses thérapies alternatives, l’approche causale prend le pas sur l’approche symptomatique. Dans le cadre d’une discussion en début de séance, l’hypnothérapeute cherche donc à cerner le profil de son sujet.

Le simple fait de savoir quand et dans quel cadre est apparue la phobie l’aide largement à orienter la séance. L’hypnose pour combattre l’acrophobie ne peut être envisagée sans une approche très personnalisée. Le vécu, la psyché et les expériences de chacun font qu’il y a autant d’acrophobies que d’individus.

Hypnose et acrophobie : ce qui se passe en séance

L’hypnose Ericksonienne ne doit pas être confondue avec l’hypnose de spectacle. Pendant une séance d’hypnose thérapeutique, l’individu reste totalement maître de ses gestes et de ses pensées. Il se laisse guider par les suggestions de son praticien et accède lui-même à certaines croyances négatives, parfaitement inconscientes.

L’hypnose thérapeutique s’appuie sur un état de relaxation profonde, focalisée, qui facilite le travail sur l’anxiété.

Et après ? Prévenir la crise phobique grâce à l’auto-hypnose

Pour les acrophobes, la simple idée de passer à quelques mètres du vide provoque une forte appréhension, voire une crise de panique incontrôlable. Grâce aux conseils de leur hypnothérapeute, ils peuvent s’essayer à l’exercice de l’auto-hypnose pour désamorcer la crise avant qu’elle ne survienne.

Particulièrement utile au quotidien, cet outil complète les séances d’hypnose et renforce les acquis.

Phobies et hypnose : ils témoignent

L’intérêt thérapeutique de l’hypnose, en tant que médecine complémentaire, a été mis en évidence par l’INSERM. Pour les phobies spécifiques comme l’acrophobie, la prise en charge de référence reste la thérapie cognitivo-comportementale, avec une exposition progressive à la situation redoutée. L’hypnose s’envisage en complément, sur la dimension émotionnelle : l’anxiété d’anticipation et la tension liées au vide. Le rapport de l’Inserm de 2015 a surtout retenu l’intérêt de l’hypnose en anesthésie et dans le syndrome du côlon irritable ; sur les phobies précisément, les preuves restent limitées.

Acrophobie : que disent les chiffres ?

La peur des hauteurs est très répandue. Selon les travaux épidémiologiques de l’équipe de T. Brandt et D. Huppert, l’acrophobie au sens strict (une phobie qui handicape le quotidien) concerne environ 3 à 6 % des adultes, tandis qu’une forme plus modérée, appelée intolérance visuelle à la hauteur, touche près de 28 % de la population, soit environ une personne sur trois (32 % des femmes, 25 % des hommes). Dans tous les cas, les femmes sont davantage concernées que les hommes.

Hypnose, TCC, auto-hypnose : quelle approche pour quoi ?

ApprocheCe qu’elle viseSa place
Thérapie d’exposition (TCC)Réapprendre à affronter la hauteur par paliers progressifs, jusqu’à l’habituationPrise en charge de référence des phobies spécifiques
HypnoseL’anxiété d’anticipation, la tension et les croyances associées au videComplément, en appui du travail d’exposition
Auto-hypnoseDésamorcer une montée d’angoisse au quotidien, avant une situation redoutéeOutil d’appoint entre les séances

Pour aller plus loin avec l’hypnose

Sources

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William Charron s’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

William Charron

Passionné par le bien-être et le développement personnel, je m’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

  • Quelle est la différence entre le vertige et l'acrophobie ?

    Le vertige est une sensation physique de déséquilibre, qui peut avoir une cause médicale (oreille interne, système vestibulaire). L’acrophobie est une peur psychologique et excessive des hauteurs, qui déclenche anxiété et parfois panique. L’hypnose agit sur la composante psychologique de l’acrophobie ; un vertige d’origine médicale relève d’abord d’un avis médical.

  • L'hypnose peut-elle guérir l'acrophobie ?

    L’hypnose ne « guérit » pas l’acrophobie à elle seule. La prise en charge de référence des phobies est la thérapie d’exposition (TCC), qui réhabitue progressivement à la hauteur. L’hypnose s’envisage en complément, pour apaiser l’anxiété d’anticipation et les sensations de panique. Les preuves scientifiques sur l’hypnose appliquée aux phobies restent limitées.

  • Combien de séances d'hypnose pour la peur du vide ?

    Le nombre de séances varie selon l’ancienneté de la phobie et son retentissement. En pratique, un accompagnement compte souvent entre 3 et 6 séances. Le travail est très personnalisé : il n’y a pas deux acrophobies identiques, car chacune s’enracine dans un vécu différent.

  • Acrophobie ou vertige médical : comment savoir ?

    Si les sensations de déséquilibre surviennent aussi en dehors des situations de hauteur (en tournant la tête, en position allongée, lors de mouvements), une cause médicale comme un trouble de l’oreille interne est possible : un médecin peut prescrire un bilan du système vestibulaire. Si la peur apparaît uniquement face au vide ou aux hauteurs, et qu’elle s’accompagne d’évitement, on est plutôt face à une acrophobie.

  • Peut-on prévenir une crise de panique avec l'auto-hypnose ?

    Oui, l’auto-hypnose est un outil utile pour désamorcer une montée d’angoisse avant une situation redoutée (un pont, un balcon, un escalier exposé). Apprise avec un praticien, elle aide à retrouver rapidement un état de calme. Elle complète les séances mais ne remplace pas le travail d’exposition, qui reste la base de la prise en charge des phobies.

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