Peut-on soigner l’anorexie avec l’hypnose ? Non, pas à elle seule. L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire grave qui nécessite avant tout une prise en charge médicale pluridisciplinaire : médecin, nutritionniste et psychologue ou psychiatre. L’hypnose peut intervenir en complément de ce suivi, pour travailler l’anxiété, la relation au corps et l’estime de soi, jamais à la place des soins médicaux.
L’essentiel à retenir
- L’anorexie mentale touche environ 1,4 % des femmes et 0,2 % des hommes au cours de la vie (Inserm).
- C’est le trouble psychiatrique au taux de mortalité le plus élevé : 5 à 6 % des personnes touchées en décèdent (Inserm).
- La prise en charge médicale pluridisciplinaire est indispensable et prioritaire ; le repérage précoce améliore le pronostic.
- L’hypnose ne soigne pas l’anorexie : elle s’envisage uniquement en complément, en coordination avec l’équipe médicale.
- Devant une perte de poids rapide ou un refus de s’alimenter, consultez un médecin sans attendre.
L’anorexie mentale est un combat acharné et dangereux qui se retrouve dans la grande majorité des cas chez des femmes assez jeunes.
Qu’est ce que l’anorexie ?
L’anorexie est un trouble du comportement alimentaire. C’est une obsession extrême de la minceur, une véritable maladie. Il faut distinguer deux types d’anorexie :
- L’anorexie restictive : la personne ne consomme quasiment plus d’aliment
- L’anorexie boulimie : la personne oscille entre l’abstention et la consommation excessive.
Les complications sur la santé sont liées à la dénutrition et aux comportements associés (comme le vomissement). En phase aiguë, une atteinte cardiovasculaire peut être décelée. L’aménorrhée est quasi constante.
Les conséquences de l’anorexie
L’anorexique refuse de prendre du poids et ses réactions peuvent être très anxieuses, voire même de colères. Il a une vision très déformée de lui-même et de leur corps. Il nie une maigreur qui est totalement visible de son entourage.

Ce qui engendre un problème d’incompréhension avec son entourage. Surtout que cela s’accompagne le plus souvent de subterfuges pour éviter les repas en famille ou en communauté.
Près de la moitié des personnes anorexiques présentent des crises incontrôlables de boulimie. Chaque crise développe un sentiment insoupçonné de manque de confiance en soi, de culpabilité et de faiblesse de contrôle face à la nourriture.
La place de l’hypnose, en accompagnement du soin
L’hypnose ne soigne pas l’anorexie à elle seule. Elle s’envisage en complément du suivi médical, pour accompagner la personne dans sa reprise de conscience du corps et de ses émotions, jamais à la place des soins. Les patients souffrants d’anorexie mentale nécessitent plus d’une séance d’hypnose. Ils sont souvent dans le déni et le travail de l’hypnothérapeute nécessite donc plusieurs séances d’hypnose.
L’hypnothérapeute va permettre ainsi une prise de conscience émotionnelle en reprenant petit à petit conscience de son corps. Bien travailler sur ce trouble comportemental qu’il convient d’éradiquer ou au moins de maîtriser vers une réflexion structurelle.
L’anorexie en quelques chiffres
Selon l’Inserm, l’anorexie mentale concerne environ 1,4 % des femmes et 0,2 % des hommes au cours de la vie. Elle débute le plus souvent entre 14 et 17 ans, avec un pic autour de 16 ans. C’est le trouble psychiatrique dont le taux de mortalité est le plus élevé : 5 à 6 % des personnes touchées en décèdent, et le risque de suicide y est le plus important de toutes les maladies psychiatriques. Ces chiffres expliquent pourquoi un repérage et des soins précoces sont essentiels.
Une prise en charge médicale d’abord
La Haute Autorité de Santé recommande une prise en charge pluridisciplinaire et un repérage précoce de l’anorexie mentale, pour prévenir le passage à une forme chronique et les complications somatiques ou psychiatriques. Concrètement, plusieurs professionnels interviennent ensemble, autour d’objectifs partagés avec la personne.
| Intervenant | Rôle |
|---|---|
| Médecin (traitant, spécialiste) | Surveillance de l’état physique, dépistage des complications, coordination des soins |
| Nutritionniste / diététicien | Renutrition progressive, objectifs nutritionnels |
| Psychiatre / psychologue | Psychothérapie, travail sur les causes et le rapport au corps |
| Hypnothérapeute (en complément) | Soutien sur l’anxiété, l’estime de soi et la motivation, en lien avec l’équipe |
Quelle place pour l’hypnose ?
L’hypnose n’agit pas sur la dénutrition et ne remplace ni la renutrition ni le suivi médical. Sa place, lorsqu’elle est sollicitée, est celle d’un accompagnement : apaiser l’anxiété, retravailler progressivement la perception du corps, soutenir l’estime de soi et la motivation au changement. Le rapport de l’Inserm de 2015 a retenu l’intérêt de l’hypnose en anesthésie et dans le syndrome du côlon irritable, mais pas dans l’anorexie, où les preuves sont limitées. C’est pourquoi nous l’envisageons uniquement en complément, en coordination avec l’équipe qui assure le suivi.
Quand consulter : les signes d’alerte
Certains signes doivent conduire à consulter un médecin sans attendre : perte de poids rapide ou importante, peur intense de grossir malgré une maigreur visible, restriction alimentaire sévère, arrêt des règles, vomissements provoqués, isolement autour des repas, pratique sportive excessive. Plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic. Le premier interlocuteur est le médecin traitant, qui orientera vers une équipe spécialisée.
Pour aller plus loin avec l’hypnose
- Hypnose et troubles du comportement alimentaire : la vue d’ensemble des TCA.
- Hypnose pour le stress et l’anxiété : apaiser l’anxiété qui accompagne souvent le trouble.
- Confiance et estime de soi : retravailler le regard porté sur soi.
Sources
- Inserm – Dossier Anorexie mentale
- HAS – Anorexie mentale : prise en charge, recommandations (2010)
- Inserm – Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose (2015)
L'hypnose peut-elle soigner l'anorexie ?
Non, pas à elle seule. L’anorexie mentale est un trouble psychiatrique grave qui nécessite une prise en charge médicale pluridisciplinaire (médecin, nutritionniste, psychologue ou psychiatre). L’hypnose ne peut pas remplacer ce soin. Elle s’envisage uniquement en complément, pour travailler l’anxiété, la relation au corps et l’estime de soi, en coordination avec l’équipe médicale.
L'anorexie mentale est-elle dangereuse ?
Oui. L’anorexie mentale a le taux de mortalité le plus élevé des troubles psychiatriques : selon l’Inserm, 5 à 6 % des personnes touchées en décèdent, et le risque de suicide y est le plus important de toutes les maladies psychiatriques. C’est pourquoi un repérage et une prise en charge médicale précoces sont essentiels.
Quand faut-il consulter pour une anorexie ?
Dès les premiers signes : perte de poids rapide, peur intense de grossir, restriction alimentaire, arrêt des règles, retrait social autour des repas. Plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic. Le premier interlocuteur est le médecin traitant, qui orientera vers une équipe spécialisée.
Quelle place pour l'hypnose dans l'anorexie ?
L’hypnose intervient en accompagnement, jamais en première ligne. Elle peut aider à apaiser l’anxiété, à retravailler la perception du corps et l’estime de soi, et à soutenir la motivation au changement. Ce travail se fait toujours en lien avec l’équipe médicale qui assure le suivi nutritionnel et somatique.
Quelle différence entre anorexie restrictive et anorexie-boulimie ?
L’anorexie de forme restrictive se caractérise par une réduction extrême des apports alimentaires. La forme dite anorexie-boulimie alterne restriction et crises de boulimie suivies de comportements compensatoires. Près de la moitié des personnes anorexiques connaissent des crises de boulimie. Les deux formes relèvent d’un suivi médical spécialisé.





