La trichotillomanie est un trouble caractérisé par l’arrachage répété et compulsif de ses propres cheveux ou poils, au point d’entraîner une perte de cheveux visible. Classée parmi les troubles obsessionnels compulsifs et apparentés, elle concerne entre 0,6 % et 2,2 % des personnes au cours de leur vie selon le Manuel MSD, et débute le plus souvent à l’adolescence. La prise en charge de référence repose sur une thérapie comportementale, l’entraînement à l’inversion d’habitude.

L’hypnose ne fait pas disparaître la trichotillomanie à elle seule. Elle peut en revanche venir en complément de cette prise en charge : aider à relâcher la tension qui précède le geste, et redonner de la conscience à un automatisme devenu difficile à contrôler. Voici comment comprendre ce trouble et la place réelle de l’hypnose dans l’accompagnement.

Points cles

  • La trichotillomanie, c’est l’arrachage compulsif des cheveux, sourcils ou cils, sans motif esthétique.
  • Elle touche 0,6 % à 2,2 % des personnes sur la vie et apparaît surtout à l’adolescence (Manuel MSD).
  • Le geste suit souvent un cycle : tension ou anxiété, arrachage, puis soulagement passager.
  • La prise en charge de référence est l’entraînement à l’inversion d’habitude, une thérapie comportementale.
  • L’hypnose intervient en complément, sur la tension et l’automatisme, jamais en remplacement d’un suivi adapté.

Qu’est-ce que la trichotillomanie ?

La trichotillomanie est un trouble psychique qui pousse à s’arracher de manière répétée ses propres cheveux ou poils, pour des raisons qui ne sont pas esthétiques. Les zones les plus touchées sont le cuir chevelu, les sourcils et les cils, mais n’importe quel poil du corps peut être concerné. Elle fait partie de ce que les spécialistes appellent les comportements répétitifs centrés sur le corps, au même titre que le fait de se ronger les ongles.

Le terme a été proposé dès 1889 par le dermatologue français François Henri Hallopeau. Aujourd’hui, la classification psychiatrique de référence (le DSM-5) range la trichotillomanie parmi les troubles obsessionnels compulsifs et apparentés. Selon le Manuel MSD, sa prévalence au cours de la vie est estimée entre 0,6 % et 2,2 %, avec une apparition qui se situe le plus souvent juste avant ou après la puberté. Dans les populations suivies en consultation, 80 à 90 % des adultes concernés sont des femmes, mais ce chiffre est sans doute accentué par le fait que les femmes consultent davantage pour ce motif.

Reconnaître les signes : arrachage automatique ou focalisé

L’arrachage prend deux formes principales, parfois mêlées chez une même personne. Dans la forme automatique, le geste se produit sans pleine conscience, souvent pendant une activité passive (lecture, écran, conduite). Dans la forme focalisée, la personne est plus consciente de ce qu’elle fait : elle cherche un cheveu particulier, l’arrache d’une certaine manière, parfois de façon presque rituelle.

Le geste s’inscrit souvent dans un cycle bien décrit par le Manuel MSD : une sensation de tension ou d’anxiété monte, l’arrachage la soulage, et ce soulagement est suivi d’un sentiment de satisfaction passagère. C’est ce soulagement qui rend le comportement difficile à interrompre, car il se renforce à chaque répétition.

Certaines personnes manipulent ou avalent les cheveux arrachés (on parle de trichophagie). Avaler ses cheveux de façon répétée peut entraîner la formation d’un trichobézoard, une accumulation de cheveux dans le tube digestif, qui représente une complication médicale rare mais sérieuse. Un avis médical est alors indispensable.

Pourquoi s’arrache-t-on les cheveux ?

Les causes ne sont pas entièrement élucidées. La trichotillomanie est souvent déclenchée ou aggravée par le stress, l’anxiété, l’ennui ou la fatigue. Elle s’accompagne fréquemment d’autres difficultés psychologiques : troubles anxieux, épisodes dépressifs, faible estime de soi. Le geste devient un moyen, inconscient ou non, de réguler une tension intérieure.

La trichotillomanie est parfois rapprochée du trouble obsessionnel compulsif, mais elle s’en distingue : contrairement aux rituels du TOC, qui visent à calmer une obsession pénible, l’arrachage procure une forme de plaisir ou de soulagement. Cette particularité la rapproche, pour certains spécialistes, des comportements de type addictif. Elle explique aussi pourquoi la simple volonté d’arrêter ne suffit que rarement.

Les cheveux repoussent-ils après une trichotillomanie ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes. Dans la majorité des cas, lorsque l’arrachage s’interrompt, les cheveux repoussent normalement : le follicule pileux n’est pas détruit par un arrachage occasionnel. En revanche, un arrachage intense et répété sur de longues années peut endommager durablement certains follicules et ralentir, voire compromettre, la repousse sur les zones les plus sollicitées. C’est pourquoi agir tôt sur le comportement compte davantage que les solutions capillaires esthétiques, qui camouflent la perte sans traiter sa cause.

La prise en charge de référence : l’inversion d’habitude

Selon le Manuel MSD, le traitement de première intention de la trichotillomanie est une thérapie comportementale appelée entraînement à l’inversion d’habitude (habit reversal training). Son principe : apprendre à repérer les situations et les sensations qui précèdent le geste, prendre conscience de l’arrachage au moment où il commence, puis remplacer ce geste par une action incompatible (serrer le poing, occuper ses mains autrement) jusqu’à ce que l’envie reflue.

Des médicaments peuvent être proposés par un médecin dans certaines situations, en particulier lorsqu’il existe une anxiété ou une dépression associée. Ils ne sont pas systématiques et relèvent d’une décision médicale. L’inversion d’habitude reste, elle, le socle de la prise en charge, et c’est sur ce socle que d’autres approches comme l’hypnose peuvent s’articuler.

Comment l’hypnose peut accompagner la trichotillomanie

L’hypnose thérapeutique n’est pas un traitement curatif de la trichotillomanie et ne remplace pas l’inversion d’habitude. Le rapport de l’INSERM de 2015 rappelle d’ailleurs que l’efficacité de l’hypnose est surtout démontrée en anesthésie et sur le syndrome de l’intestin irritable, et que les preuves restent limitées dans la plupart des autres indications. Sur la trichotillomanie, l’hypnose se positionne donc comme un appui, pas comme une solution miracle.

Son intérêt porte sur deux leviers concrets. D’abord, la tension et l’anxiété qui précèdent le geste : l’hypnose et l’auto-hypnose peuvent aider à abaisser ce niveau de tension, donc à réduire l’un des déclencheurs de l’arrachage. Ensuite, l’automatisme : une partie de l’arrachage se produit sans conscience, et le travail hypnotique cherche justement à redonner de la conscience au geste, à créer un signal interne qui alerte la personne au moment où sa main se dirige vers ses cheveux.

L’hypnose peut aussi soutenir un travail plus large sur la confiance et l’estime de soi, souvent fragilisées par le trouble et par le sentiment de honte qui l’accompagne. En pratique, elle s’utilise rarement seule : elle a le plus de sens en complément d’un accompagnement comportemental.

Hypnose, inversion d’habitude, médicaments : quelle approche ?

Aucune approche ne résume à elle seule la prise en charge de la trichotillomanie. Le tableau ci-dessous situe la place de chacune, pour comprendre ce qu’elle vise et comment elle s’articule avec les autres.

ApprocheCe qu’elle viseSa place dans la prise en charge
Inversion d’habitude (thérapie comportementale)Repérer le geste, le rendre conscient, installer une action de remplacementRéférence, première intention (Manuel MSD)
Hypnose et auto-hypnoseRelâcher la tension qui précède l’arrachage, redonner conscience à l’automatisme, soutenir l’estime de soiComplément, en appui sur l’anxiété et l’automatisme
MédicamentsAgir sur l’anxiété ou la dépression associéesSur avis médical, souvent en association, pas systématique
Solutions capillaires (perruque, maquillage)Camoufler la perte de cheveuxConfort esthétique, ne traite pas la cause du geste

Comment se déroule un accompagnement par hypnose

Un accompagnement commence par un temps d’échange pour comprendre le contexte : depuis quand le geste est présent, dans quelles situations il survient, quelles émotions l’accompagnent. Le praticien et la personne repèrent ensemble les déclencheurs, puis travaillent en séance sur la détente, la prise de conscience du geste et l’installation de repères alternatifs.

Le nombre de séances varie selon les personnes et l’ancienneté du trouble. Il n’existe pas de durée garantie ni de promesse de résultat : la trichotillomanie est un trouble chronique qui fluctue, et la régularité compte plus que le nombre de séances. L’auto-hypnose apprise entre les séances permet de prolonger le travail au quotidien, notamment dans les moments de tension.

Si la trichotillomanie s’accompagne d’une détresse importante, d’une dépression ou de complications physiques, un suivi médical ou psychologique reste prioritaire. L’hypnose vient alors en soutien de cette prise en charge, et non à sa place.

Pour aller plus loin avec l’hypnose

La trichotillomanie étant étroitement liée à la tension intérieure, le travail sur le stress et l’anxiété est souvent un point de départ utile. Pour comprendre le fonctionnement de la méthode et ce qu’elle peut réellement apporter, vous pouvez aussi consulter notre page sur la définition de l’hypnose.

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William Charron s’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

William Charron

Passionné par le bien-être et le développement personnel, je m’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

  • La trichotillomanie est-elle un TOC ?

    Le DSM-5 la classe parmi les troubles obsessionnels compulsifs et apparentés, mais elle s’en distingue : l’arrachage procure un soulagement, voire un plaisir, alors que les rituels du TOC visent surtout à calmer une obsession pénible. Certains spécialistes la rapprochent des comportements de type addictif.

  • Les cheveux repoussent-ils après une trichotillomanie ?

    Dans la plupart des cas, oui : si l’arrachage cesse, le follicule n’étant pas détruit, les cheveux repoussent. Un arrachage intense et prolongé sur plusieurs années peut toutefois endommager certains follicules et ralentir la repousse. Agir tôt sur le comportement est donc important.

  • Comment arrêter de s'arracher les cheveux ?

    La prise en charge de référence est l’entraînement à l’inversion d’habitude : repérer les déclencheurs, prendre conscience du geste et le remplacer par une action incompatible. L’hypnose, l’auto-hypnose et un éventuel suivi médical peuvent venir en complément. La volonté seule suffit rarement, car le geste est automatique.

  • L'hypnose peut-elle soigner la trichotillomanie ?

    Non, pas à elle seule. L’hypnose n’est pas un traitement curatif et ne remplace pas l’inversion d’habitude. Elle peut aider en complément, en relâchant la tension qui précède le geste et en redonnant conscience à l’automatisme. Les preuves scientifiques restent limitées (rapport INSERM 2015).

  • La trichotillomanie touche-t-elle les enfants ?

    Oui, elle apparaît le plus souvent à l’adolescence, parfois plus tôt. Chez les jeunes enfants, le comportement est souvent transitoire et plus facile à interrompre. Un avis auprès d’un professionnel de santé est recommandé pour ne pas laisser le geste s’installer durablement.

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