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Vous envisagez une séance et cette question vous retient : est-ce que ça peut mal se passer ? Elle est légitime, et elle mérite mieux qu’un « non » rassurant. La réponse honnête tient en deux temps. Les effets indésirables directs recensés sont rares et bénins, mais la donnée qui permet de l’affirmer est bien plus mince qu’on ne le laisse entendre, et le risque le mieux documenté se situe ailleurs que dans la séance elle-même.

Points clés

  • Les effets secondaires recensés par le rapport de l’Inserm de 2015 sont considérés comme rares : céphalées, somnolence, vertiges, anxiété, création de faux souvenirs.
  • Aucun effet indésirable grave attribuable à l’hypnose n’a été rapporté dans la littérature analysée. L’Inserm ajoute aussitôt qu’il ne peut pas exclure leur existence, les effectifs étudiés restant faibles.
  • Le point le plus gênant est méthodologique : sur les seize essais répertoriés par ce rapport, quatre seulement avaient recueilli les effets indésirables liés à l’hypnose.
  • Le risque que l’Inserm situe au premier plan n’est pas médical mais éthique et juridique : manipulation psychologique, faux souvenirs, et absence de tout encadrement légal de la pratique en France.
  • Le danger le plus concret pour la personne qui consulte reste d’écarter ou de retarder un soin conventionnel nécessaire. C’est le risque inhérent à tout recours dit alternatif.

Ce qui est recensé comme effet indésirable

En 2015, l’Inserm a publié une évaluation de plus de deux cents pages consacrée à l’efficacité et à la sécurité de la pratique de l’hypnose, rédigée par Juliette Gueguen, Caroline Barry, Christine Hassler et Bruno Falissard. Son chapitre sur la tolérance est le document de référence en français, et il est plus nuancé que la plupart des pages qui le citent.

La liste des effets secondaires possibles y est reprise de la Mayo Clinic, et présentée comme rare : maux de tête, somnolence, vertiges, anxiété, création de faux souvenirs. Aucun n’a le caractère d’un événement grave au sens de la Haute Autorité de santé, qui réserve ce terme aux situations associées à un décès, à une menace vitale, à un handicap ou à une prolongation d’hospitalisation.

Le seul chiffre d’abandon d’essai pour cause d’effet indésirable que nous ayons trouvé dans la littérature vient d’une méta-analyse publiée dans Psychosomatic Medicine en 2015 sur le syndrome de l’intestin irritable : un patient sur 238 du groupe hypnose, soit 0,4 %, a interrompu le traitement, pour une attaque de panique. Un cas, sur huit essais et 464 patients. C’est peu, et c’est surtout à peu près tout ce dont on dispose.

« Aucun effet rapporté » ne signifie pas « aucun effet »

C’est la nuance que les pages rassurantes escamotent, et c’est la plus importante. Un effet indésirable qui n’a jamais été cherché ne peut pas être trouvé.

Le rapport de l’Inserm est explicite sur ce point. Sur les seize essais qu’il a répertoriés, neuf se sont intéressés aux effets indésirables, et quatre seulement mentionnent le recueil des effets indésirables directement associés à l’hypnose. Dans ces quatre essais, aucun effet attribuable à l’hypnose n’a été rapporté. Conclusion des auteurs, citée telle quelle : les données des revues Cochrane sont rassurantes, mais « les effectifs totaux restent faibles (environ 2 500 patients). On ne peut donc exclure l’existence d’effets indésirables graves, mais si de tels effets existent ils sont d’une incidence relativement faible ».

Dix ans plus tard, la situation n’a pas fondamentalement changé. La revue Cochrane consacrée à l’hypnothérapie dans le sevrage tabagique, mise à jour en 2019 sur quatorze études et 1 926 participants, note que la plupart des études n’indiquent même pas si des données sur les effets indésirables ont été recueillies, et conclut qu’il existe très peu d’éléments permettant de dire si l’hypnothérapie provoque des effets indésirables. Une revue systématique de 2025 sur le même sujet, portant sur 63 publications, se termine par la même demande adressée aux chercheurs : rendre compte des effets secondaires et des événements indésirables.

Même constat du côté de l’anesthésie, pourtant le terrain le mieux étudié. Une revue systématique parue dans Anaesthesia a rassemblé 142 études et 9 238 patients : elle documente une baisse de la douleur et de l’anxiété, puis reconnaît que l’effet de l’hypnose sur la plupart des critères reste inconnu.

Ce qu’on lit souventCe que disent les sources
« L’hypnose n’a aucun effet secondaire. »Des effets secondaires bénins sont recensés : céphalées, somnolence, vertiges, anxiété. Aucun effet grave n’a été rapporté, ce qui n’est pas la même chose qu’une absence démontrée.
« C’est prouvé par la science. »Sur seize essais répertoriés par l’Inserm, quatre avaient recueilli les effets indésirables liés à l’hypnose. L’effectif cumulé des revues Cochrane est d’environ 2 500 patients.
« Les études le confirment sur des milliers de patients. »9 238 patients en anesthésie, et les auteurs écrivent que l’effet sur la plupart des critères reste inconnu.
« Le seul risque, c’est de tomber sur un charlatan. »C’est un risque réel, mais l’Inserm en nomme un autre, plus fréquent : retarder ou entraver l’accès à des soins conventionnels nécessaires.
Homme entouré de mains, illustration des craintes associées à l'hypnose

Le risque principal n’est pas médical, il est éthique et juridique

C’est la conclusion du rapport, et elle surprend souvent : « L’enjeu semble plutôt se situer au niveau éthico-juridique. » Deux points la composent.

Les faux souvenirs. L’hypnose a été mise en cause en Grande-Bretagne et aux États-Unis dans la fabrication de souvenirs de traumatismes et d’abus sexuels dans l’enfance qui ne correspondaient à aucun fait. Le mécanisme n’a rien de mystérieux : une question orientée, posée à une personne en situation de suggestibilité accrue, peut produire un souvenir vécu comme authentique. Le risque concerne au premier chef les démarches qui prétendent aller rechercher des événements oubliés, dont l’hypnose dite régressive. Le guide critique d’Edzard Ernst, cité par l’Inserm, rappelle que les informations obtenues sous hypnose peuvent relever de l’affabulation, et que le rappel de souvenirs douloureux peut aggraver des difficultés préexistantes.

L’absence de cadre légal. Aucune loi n’encadre la pratique de l’hypnose en France. Le titre d’hypnothérapeute n’est pas protégé, la formation n’est pas réglementée, et rien n’empêche une personne sans aucune qualification en santé de recevoir des patients. Le rapport de l’Inserm en tire une recommandation explicite : une réglementation des pratiques serait souhaitable.

Ce vide n’est pas théorique. Le même rapport rend compte d’un travail universitaire ayant recensé seize décisions de justice impliquant l’hypnose, dont quinze en France. Il s’agissait principalement de viols ou d’agressions sexuelles sur des personnes mises en état d’hypnose, de cas d’exercice illégal de la médecine, et d’usages de l’hypnose dans des procédures judiciaires. Sur les six affaires d’agression sexuelle, deux mettaient en cause un médecin, une un ostéopathe, une un magnétiseur, une un hypnotiseur non médecin, et la dernière un proche de la victime. À la même période, l’assureur MACSF indiquait aux auteurs n’avoir enregistré aucune déclaration de sinistre liée à cette pratique.

La lecture à en faire n’est pas que l’hypnose serait périlleuse en soi. C’est que le risque tient à la relation, au cadre et à la personne en face de vous, et non à la technique. Ce qui déplace complètement les questions à poser avant un premier rendez-vous.

Le danger dont on parle le moins : écarter un soin nécessaire

Voici le passage du rapport de l’Inserm que nous n’avons trouvé sur aucune des pages consacrées à ce sujet, et c’est pourtant celui qui concerne le plus grand nombre de personnes. Les auteurs relèvent que l’hypnose est, en France, l’une des pratiques non conventionnelles les plus intégrées à l’offre de soins : quand elle est utilisée comme outil complémentaire par un professionnel de santé déjà qualifié, « il n’y a alors pas de risque de retard ou d’entrave à une prise en charge conventionnelle qui serait nécessaire ».

Ils enchaînent aussitôt : l’hypnose n’est pas uniquement proposée de cette manière, elle peut l’être par des non professionnels de santé, et on ne peut pas exclure qu’elle soit proposée de façon alternative. D’où le rappel final, qui vaut avertissement : « il est donc important de rappeler le risque inhérent à tout recours alternatif aux thérapeutiques non conventionnelles : celui de retarder ou d’entraver l’accès à des soins conventionnels qui seraient par ailleurs nécessaires ».

Concrètement, une séance d’hypnose ne remplace ni une consultation, ni un bilan, ni un traitement en cours. Une douleur qui s’installe, un trouble de l’humeur, une dépendance à un médicament prescrit, une lésion cutanée qui s’étend : ces situations demandent d’abord un avis médical. L’hypnose peut venir à côté, elle ne se substitue à rien, et un praticien qui vous suggère d’arrêter un traitement ou de différer un examen sort de son rôle.

Peut-on vous faire agir contre votre volonté ?

C’est la crainte la plus répandue, entretenue par les spectacles et par la fiction. Elle repose sur une confusion entre deux situations très différentes : une personne qui accepte à l’avance le cadre d’un spectacle, devant un public et sachant ce qu’on attend d’elle, et une personne qui vient consulter pour un symptôme.

L’état décrit par l’Inserm est un état de conscience particulier, caractérisé par une indifférence à l’environnement et une suggestibilité accrue. Suggestibilité accrue ne veut pas dire perte du jugement ni obéissance. La personne entend, comprend, peut refuser une proposition, ouvrir les yeux, mettre fin à la séance. La différence entre hypnose de spectacle et hypnose thérapeutique tient d’ailleurs largement à cela : dans un cas le résultat visible est le produit recherché, dans l’autre c’est la personne qui est au centre.

Cette suggestibilité n’est pas pour autant sans conséquence, et c’est là que la vigilance a un sens. Elle est précisément ce qui rend possibles les deux dérives documentées plus haut : l’induction d’un souvenir qui n’a pas eu lieu, et l’abus d’une position de confiance. Le code éthique de la Confédération francophone d’hypnose et de thérapies brèves y répond en posant que l’intérêt et le bien-être du patient doivent toujours constituer l’objet prioritaire, que l’hypnose est un complément à d’autres pratiques cliniques, et qu’elle ne doit pas être utilisée comme une forme de distraction.

Les situations où cette approche ne convient pas

La Mayo Clinic, citée par l’Inserm, indique que la pratique peut ne pas être appropriée dans certaines situations, en donnant pour exemple les pathologies psychiatriques sévères. C’est cohérent avec le mécanisme en jeu : un travail sur les perceptions et sur les représentations ne convient pas à un état où le rapport à la réalité est déjà altéré.

Se sentir mal après une séance : normal ou pas ?

C’est une des recherches les plus fréquentes sur ce sujet, et elle ne relève pas tout à fait des mêmes questions. Fatigue, émotivité, sensation de flottement dans les heures qui suivent, remontée passagère du symptôme sur lequel on travaille : ces manifestations sont décrites et transitoires, à distinguer des effets indésirables recensés plus haut.

Nous avons consacré une page entière à ce moment particulier, avec ce qu’on en sait et ce qui doit alerter : l’effet rebond après une séance, ce que c’est et comment s’y préparer. Ce qui doit conduire à consulter, en revanche, ne s’attend pas : une angoisse qui ne retombe pas, un souvenir apparu en séance dont vous doutez, un sentiment d’emprise vis-à-vis du praticien.

Ce qui réduit réellement le risque

Puisque le risque tient à la personne et au cadre plus qu’à la technique, c’est là qu’il se maîtrise. Quelques repères tirés du code éthique de la Confédération francophone d’hypnose et de thérapies brèves et des recommandations de l’Inserm.

Ces repères sont détaillés dans nos pages sur le choix d’un hypnothérapeute et sur le code éthique de l’hypnose thérapeutique.

Pour aller plus loin avec l’hypnose

Sources

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William Charron s’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

William Charron

Passionné par le bien-être et le développement personnel, je m’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

  • L'hypnose a-t-elle des effets secondaires ?

    Oui, et ils sont recensés. Le rapport de l’Inserm de 2015 liste des maux de tête, de la somnolence, des vertiges, de l’anxiété et la création de faux souvenirs, en précisant qu’ils sont considérés comme rares. Aucun effet indésirable grave attribuable à l’hypnose n’a été rapporté dans la littérature analysée, mais les auteurs ajoutent qu’ils ne peuvent pas en exclure l’existence : sur les seize essais qu’ils ont répertoriés, quatre seulement avaient recueilli les effets indésirables liés à l’hypnose.

  • L'auto-hypnose présente-t-elle des risques particuliers ?

    Pratiquée seul, sur de la détente ou de la gestion du stress, l’auto-hypnose ne présente pas de risque documenté distinct. Deux réserves valent d’être posées. Elle ne convient pas pour aborder seul un vécu traumatique, faute d’un tiers pour accompagner ce qui remonte. Et elle ne remplace pas un avis médical sur un symptôme qui n’a pas été exploré.

  • L'hypnose ericksonienne comporte-t-elle plus de risques qu'une autre forme ?

    Aucune donnée ne permet de classer les courants entre eux par niveau de risque : les études disponibles ne sont pas conçues pour cela. Ce qui distingue les situations n’est pas l’école revendiquée mais le cadre de la pratique, la qualification en santé de la personne qui reçoit, et le fait que la démarche se présente comme un complément au soin habituel.

  • Peut-on se sentir mal après une séance d'hypnose ?

    De la fatigue, de l’émotivité ou une remontée passagère du symptôme travaillé sont décrites dans les heures qui suivent. Ces manifestations sont transitoires. Doivent en revanche conduire à consulter une angoisse qui ne retombe pas, un souvenir apparu en séance dont vous doutez, ou un sentiment d’emprise vis-à-vis du praticien.

  • L'hypnose a-t-elle des effets à long terme ?

    Sur le versant indésirable, aucun effet à long terme n’est documenté, mais cette absence tient largement au fait que les essais disponibles ne suivent pas les participants sur de longues périodes et ne recueillent pas systématiquement ces données. Une revue systématique de 2025 sur le sevrage tabagique demande encore aux chercheurs de rendre compte des effets secondaires et des événements indésirables.

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