L’hypnose est un état de conscience modifié, entre la veille et le sommeil, caractérisé par une attention focalisée et une réceptivité accrue aux suggestions. La personne n’est ni endormie ni inconsciente : elle reste maîtresse d’elle-même. Utilisée à des fins thérapeutiques, l’hypnose sert d’outil d’accompagnement, en particulier pour la gestion de la douleur, du stress et de certaines habitudes. Voici sa définition, son histoire, ses grandes formes et ce que la science en dit aujourd’hui.
L’essentiel à retenir
- L’hypnose est un état de conscience modifié associant attention focalisée et suggestibilité accrue, sans perte de contrôle ni de conscience.
- Le terme « hypnotisme » est popularisé en 1843 par le chirurgien écossais James Braid, qui rompt avec la théorie du « magnétisme animal » de Mesmer.
- On distingue plusieurs formes : hypnose classique (directive), hypnose ericksonienne (permissive), hypnose humaniste et nouvelle hypnose.
- La science a surtout documenté l’intérêt de l’hypnose en anesthésie et dans la gestion de la douleur (rapport Inserm 2015).
- L’hypnose est un accompagnement : elle ne remplace pas un suivi médical et n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle.
Quelle est la définition de l’hypnose ?
- Selon le petit Larousse, Le terme hypnose désigne « un état de conscience particulier, entre la veille et le sommeil, provoqué par la suggestion ».
- Selon le Dr Mason, l’hypnose est « un état temporaire d’attention modifiée dont la caractéristique est une suggestibilité accrue ».
- Selon Erickson, l’hypnose « c’est une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne ».
Il est difficile de trouver une définition de l’hypnose, et rien qu’une. On a pour autant pu observer que le rythme cardiaque de la personne hypnotisée est plus proche de celui observé à l’état de veille qu’à l’état de sommeil. Plus précisément, la personne hypnotisée est amenée à apporter sa concentration sur un point visuel et auditif. On peut donc plus penser à une hyperdécontraction plutôt qu’à une décontraction mentale.
L’histoire de l’hypnose
L’histoire de l’hypnose commence au 18ème siècle avec le médecin allemand Franz Anton Mesmer (1734-1815). Ce dernier est alors persuadé que le corps humain est imprégné d’un fluide magnétique invisible (appelé le magnétisme animal), sur lequel il est possible d’agir.

Il pensait que la maladie pouvait être un blocage du corps à la circulation fluide. Après son doctorat de médecine, Mesmer soigna plusieurs de ses patients et traita de nombreuses maladies grâce au fluide magnétique. Il est dit que ses patients étaient à l’époque « en état de transe ».
Après Mesmer, l’hypnose devient très populaire. L’anesthésie par « sommeil magnétique » sera utilisée par le Dr John Elliotson, lors de ses interventions chirurgicales. Avec le Dr Jean-Marie Charcot, célèbre neurologue, l’hypnose devient synonyme d’hystérie.
En effet, le Dr Charcot soignait à cette époque de nombreux hystériques, par l’hypnose, d’où la confusion.
Les travaux d’Hippolyte Bernheim (1840-1910), professeur à l’université de Nancy démontreront que l’hypnose est un potentiel qui existe chez tous les êtres humains.
C’est là que prendra fin la notion de magnétisme animal. Milton H. Erickson (1901-1980), psychiatre américain, révolutionna les concepts de l’hypnose et les formes de thérapie. L’hypnose Ericksonienne est née en 1937.
Les 4 formes de l’hypnose
L’hypnose Ericksonienne
L’hypnose Ericksonienne provient donc de la pratique du Dr Milton Erickson. Elle est caractérisée par une pratique souple de l’hypnose, indirecte et non dirigiste.
Lors d’un séance d’hypnose Ericksonienne, le thérapeute fait en sorte que conscient et inconscient travaillent ensemble pour résoudre le problème du patient. Cette forme d’hypnose a donné naissance à de nombreux courants moderne comme la thérapie familiale ou systémique ou encore la PNL (programmation neuro-linguistique).
L’hypnose classique et semi-traditionnelle
L’hypnose classique a été la première manière de pratiquer l’hypnose. Cette forme d’hypnose est caractérisée par un aspect autoritaire et directif du patient hypnotisé.
L’hypnose humaniste
L’hypnose humaniste diffère des autres types d’hypnose par de nombreux aspects. Ici, le médecin hypnotiseur ou l’hypnothérapeute ne s’adresse pas seulement à l’inconscient, mais également à la conscience supérieure du patient. Cette forme d’hypnose agit donc en totale conscience.
La nouvelle hypnose
Le terme de « nouvelle hypnose » a été proposé par le psychologue Daniel Araoz à la fin des années 1970. Cette forme d’hypnose enrichit les techniques du docteur Erickson. La nouvelle hypnose se veut plus respectueuse de l’individu. C’est pourquoi le patient choisi lui-même, en séance, son évolution et ses objectifs.
Les mécanismes de l’hypnose
Bien que la science s’intéresse depuis longtemps à l’hypnose, l’imagerie cérébrale a permis une amélioration des connaissances sur le fonctionnement du cerveau. On peut remarquer que certaines aires cérébrales sont activées lors de séances d’hypnose.
Lors d’électroencéphalogrammes de sujets hypnotisés, on a pu remarquer un ralentissement des ondes cérébrales, phénomène qui s’observe également lors de l’endormissement.
Hypnose et douleur
Le professeur Faymonville au CHU de Liège (Belgique) démontre que l’hypnose diminue l’activité des régions somatosensorielles ainsi que du cortex cingulaire antérieur qui participe aux aspects émotionnels et affectifs de la douleur.
Hypnose et attention
Deux études ont été faites à ce sujet, celle de Raz et celle de Egner, toutes deux parues en 2005. Ces études sont visiblement contradictoires. Cependant, toutes deux confirment qu’il n’existe pas une base cérébrale de l’hypnose et que les activités cérébrales sont dépendantes de la suggestion hypnotique utilisée.
Hypnose et mémoire
L’hypnose travaille souvent avec les souvenirs et les automatismes. Il faut toutefois rester prudent : la mémoire n’est pas un enregistrement fidèle du passé, elle se reconstruit, et l’état hypnotique peut favoriser de faux souvenirs. Les souvenirs retrouvés sous hypnose ne constituent donc pas une preuve fiable et n’ont, par exemple, pas de valeur judiciaire.
Les approches thérapeutiques
» Un moment à la rencontre de l’inconscient, cet immense grenier à trésor « …
Aujourd’hui, l’hypnose est utilisée pour améliorer ou soigner de nombreux problèmes, des douleurs ou des comportements. C’est un des outils important des psychothérapeutes. Elle s’utilise toujours en accompagnement, dans un cadre thérapeutique, et selon les troubles en complément d’un suivi médical.
Addictions
Certaines personnes entretiennent une relation pathologique à un sujet, comme l’alcool, la drogue, le jeu, internet… Ce comportement détruit souvent la personne et sa vie sociale. L’hypnose peut aider, en complément d’un accompagnement adapté, à travailler les automatismes et les émotions qui entretiennent une addiction. Elle ne se substitue pas à un suivi médical, particulièrement pour les dépendances sévères (alcool, drogues).
Peurs et phobies
Certaines personnes ont des peurs ou mêmes des angoisses irrationnelles, c’est une phobie. Ses peurs n’ont pas de raisons réelles d’être, même si elles nous poussent à agir différemment de ce que l’on voudrait. La phobie est invalidante car persistante, et tout seul, nous n’arrivons pas à nous en débarrasser.
Pour les phobies, la prise en charge de référence est la thérapie d’exposition (TCC). L’hypnose peut venir en complément, pour aider à relativiser les craintes et apaiser l’anxiété qui les accompagne, par paliers progressifs.
L’hypnose est également utilisée pour arrêter de fumer, pour perdre du poids, pour se libérer du stress, pour renforcer la confiance en soi, pour gérer ses émotions, pour les troubles du sommeil…
Il est très important de trouver un bon cabinet hypnose. Un médecin hypnotiseur ou hypnothérapeute qui pratique l’hypnose Ericksonienne à paris sera à même de vous aider.
Quels sont les mythes et craintes liées à l’hypnose ?
Aujourd’hui encore, une séance hypnose peut faire peur. C’est vrai que Charcot a utilisé l’hypnose pour des patients souffrant d’hystérie ! Les vieilles idées ont la vie dure… L’hypnose suscite encore de nombreuses peurs, celles d’être manipulé, de lâcher prise, de perdre le contrôle, de ne plus être soi.
Il faut savoir que pendant une séance hypnose, vous n’êtes réceptif qu’à ce qui est bénéfique pour vous. Vous acceptez les suggestions que si vous le souhaitez. Personne ne peut vous forcer à faire quoi que ce soit.
Qui a inventé le mot « hypnose » ?
C’est le chirurgien écossais James Braid (1795-1860) qui popularise le terme « hypnotisme » à partir de 1843. Observant les pratiques magnétiques de son époque, il en propose une explication rationnelle : ce n’est pas un fluide qui passe du praticien au sujet, mais le sujet lui-même qui entre dans un état de « sommeil nerveux », par exemple en fixant un point brillant. Braid tourne ainsi la page du « magnétisme animal » de Mesmer et ancre l’hypnose dans une approche plus scientifique.
Que dit la science sur l’hypnose aujourd’hui ?
L’imagerie cérébrale montre que l’état hypnotique correspond à une activité cérébrale particulière, distincte de l’éveil ordinaire comme du sommeil. Pour autant, l’efficacité clinique de l’hypnose dépend des indications. Le rapport d’évaluation publié par l’Inserm en 2015 a conclu à un intérêt de l’hypnose surtout en anesthésie et dans le syndrome du côlon irritable ; pour de nombreuses autres indications, les preuves restent limitées ou insuffisantes. L’hypnose est donc un outil d’accompagnement utile, à la place qui est la sienne : un complément, pas une solution miracle.
Pour aller plus loin avec l’hypnose
- L’hypnose ericksonienne : la forme la plus répandue de l’hypnose thérapeutique.
- Hypnose et stress : l’une des indications les plus fréquentes en cabinet.
- L’auto-hypnose : apprendre à pratiquer l’hypnose par soi-même.
Sources
- Inserm – Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose (2015)
- James Braid (médecin) – origine du terme « hypnotisme »
Qu'est-ce que l'hypnose, en quelques mots ?
L’hypnose est un état de conscience modifié, entre la veille et le sommeil, caractérisé par une attention focalisée et une plus grande réceptivité aux suggestions. La personne reste consciente et maîtresse d’elle-même. En cabinet, c’est un outil d’accompagnement utilisé notamment pour la gestion du stress, de la douleur et de certaines habitudes.
Qui a inventé l'hypnose ?
L’hypnose, comme phénomène, n’a pas d’inventeur unique. Au 18e siècle, Mesmer parle de « magnétisme animal ». C’est le chirurgien écossais James Braid qui popularise le terme « hypnotisme » à partir de 1843 et en propose une lecture rationnelle. Plus tard, Milton Erickson (1901-1980) renouvelle profondément la pratique avec l’hypnose dite ericksonienne.
Est-on conscient pendant une séance d'hypnose ?
Oui. Contrairement à une idée reçue, on ne dort pas et on ne perd pas conscience sous hypnose. On reste attentif, on entend le praticien et on garde le contrôle : on n’accepte que les suggestions qui nous conviennent. C’est un état proche de la rêverie ou de la concentration intense, pas un sommeil.
L'hypnose est-elle dangereuse ? Peut-on rester bloqué ?
Non, on ne peut pas « rester bloqué » en hypnose : si la séance s’interrompt, la personne revient d’elle-même à un état ordinaire. Pratiquée par un professionnel formé, l’hypnose thérapeutique est sans danger. Elle ne remplace pas un suivi médical : pour un trouble sérieux, elle s’utilise en complément d’une prise en charge adaptée.
Quelle différence entre hypnose thérapeutique et hypnose de spectacle ?
L’hypnose de spectacle recherche un effet sur scène, avec des participants volontaires sélectionnés pour leur réceptivité. L’hypnose thérapeutique, elle, vise un objectif de mieux-être défini avec la personne, dans un cadre confidentiel et respectueux. On n’y fait jamais rien contre sa volonté : le praticien accompagne, il ne contrôle pas.





