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L’hypnose pour traiter la phobie des escaliers (climacophobie)

On a certainement du mal à y croire, mais beaucoup de personnes ont peur des escaliers. C’est ce qu’on appelle la climacophobie. D’une peur normale, elle se transforme progressivement en phobie au point où la personne est incapable de monter ou de descendre les escaliers quelque soit les circonstances. Pour y faire face, on peut avoir recours à l’hypnose pour soigner la phobie des escaliers.

Comprendre la phobie des escaliers pour mieux la soigner par hypnose

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La phobie des escaliers commence par la simple peur de trébucher. Cette phobie est relativement peu connue. Du coup, même les personnes concernées ont du mal à comprendre leur phobie. Pourtant, très peu osent en parler, pour éviter des moqueries.

En fonction des personnes, la phobie des escaliers va se manifester différemment. Mais de manière générale, la personne concernée va avoir peur à la simple évocation des escaliers.

Dans des cas extrêmes, elle en vient même à trembler à l’idée de monter ou de descendre les escaliers, mais la situation devient bien plus préoccupante lors de la descente. Cette peur aura également tendance à s’amplifier lorsque le sujet emprunte des escaliers d’un immeuble pour la première fois. Cependant, on ne peut éviter les escaliers, puisqu’ils jonchent les habitations de nos villes.

Trouver l’origine de la climacophobie par l’hypnose

On ne saurait venir à bout d’un problème sans remonter à ses origines. Une phobie quelle qu’elle soit émane d’une peur survenue à un moment ou dans un contexte précis dans la vie. Travailler la phobie des escaliers avec l’hypnose consiste à identifier l’élément déclencheur à l’origine de la peur, puis à modifier la réaction de peur qui s’est installée.

Si vous souffrez de cette phobie, il est nécessaire de faire appel à un professionnel qui saura identifier précisément l’histoire et l’objet de la peur pour construire un accompagnement adapté à sa situation. Le praticien peut, pour cela, proposer de revenir en imagination sur les premiers moments où la peur s’est installée, ce que l’on appelle parfois « régression hypnotique ». Ce n’est pas une étape obligatoire : beaucoup de personnes avancent sans retrouver d’origine précise.

Retrouver la confiance grâce à l’hypnose

Apaiser la peur des escaliers avec l’hypnose passe aussi par « la suggestion hypnotique ». Il s’agit concrètement de faire recours à l’histoire personnelle du sujet pour essayer de connaître comment se manifeste sa peur. Cette étape va aussi permettre de savoir comment il se comportait vis-à-vis des escaliers avant l’apparition de cette peur.

Après cela, l’hypnothérapeute va mettre la conscience du sujet dans une situation d’apprentissage pour qu’il puisse se rassurer progressivement. C’est donc une façon d’établir un lien entre son passé positif, c’est-à-dire le moment où il n’avait pas peur des escaliers, et la situation actuelle.

De la relaxation pour rompre avec la peur des escaliers

Au cours de la séance d’hypnose pour soigner la climacophobie, le sujet rentre dans la relaxation qui en réalité est un état de bien-être. La détente obtenue en séance aide à faire baisser les manifestations physiques de l’anxiété, comme le cœur qui s’accélère ou les jambes qui se raidissent en haut des marches, et à aborder la situation plus calmement.

Tout en apaisant le sujet, elle va aussi lui permettre de trouver de l’assurance. Au fil des séances, l’objectif est de retrouver une marge de manœuvre face à l’émotion, plutôt que de la subir à chaque escalier.

Vidéo sur le sujet : Phobies et peurs stopper par l’hypnose

Climacophobie : ce qu’en dit la science

La climacophobie est une phobie spécifique : une peur intense et persistante déclenchée par une situation précise, ici les escaliers. Les phobies spécifiques figurent parmi les troubles anxieux les plus fréquents (elles concernent environ 8 % des femmes et 3 % des hommes sur douze mois, d’après les données reprises par le Manuel MSD), même si la climacophobie en tant que telle reste rare et peu documentée.

Avoir un peu d’appréhension en haut d’un escalier raide est banal. On parle de phobie quand la peur répond à un ensemble de critères précis, ceux du DSM-5-TR que reprend le Manuel MSD : une peur marquée et persistante, présente depuis au moins six mois, déclenchée presque à chaque fois que la situation se présente, sans proportion avec le danger réel, qui conduit à éviter activement les escaliers et qui gêne la vie sociale ou professionnelle. Les personnes concernées reconnaissent en général que leur peur est excessive. Cela ne les empêche pas de l’éprouver, et c’est souvent ce décalage qui les pousse à n’en parler à personne.

Concrètement, l’évitement prend des formes très ordinaires : choisir un trajet de métro uniquement en fonction des ascenseurs, renoncer à une invitation au troisième étage d’un immeuble ancien, refuser un logement ou un poste à cause d’un escalier, descendre marche par marche en se tenant des deux mains à la rampe. Quand ces arrangements s’accumulent au point d’organiser les journées, la peur n’est plus un détail. Elle s’étend parfois aux escaliers mécaniques, aux passerelles ou aux gradins d’un stade, qui posent le même problème de regard plongeant vers le bas et de pied qui cherche son appui. Quand c’est la cohue du métro aux heures de pointe qui inquiète, plus que les marches elles-mêmes, il s’agit d’une autre peur, la phobie de la foule.

Elle est souvent reliée à la peur de tomber : descendre un escalier demande plus de coordination visuelle et d’équilibre que de le monter, ce qui explique que l’appréhension soit en général plus forte à la descente. Une chute passée, un trouble de l’équilibre ou une expérience marquante peuvent ancrer cette peur.

La peur de descendre n’a pas toujours la même origine, et la distinction compte pour savoir à qui s’adresser. Chez une personne âgée, elle apparaît souvent après une chute. La Haute Autorité de santé range la peur de chuter, la restriction des activités de la vie quotidienne et le syndrome post-chute parmi les signes de gravité à rechercher après une chute, au même titre que les blessures. Dans ce cas, la première démarche est médicale : le médecin traitant recherche ce qui a provoqué la chute et évalue le risque d’en faire une autre. Un accompagnement de la peur peut venir ensuite, en complément, jamais à la place de ce bilan. Chez une personne plus jeune, sans chute ni trouble de l’équilibre, la peur ressemble davantage aux autres phobies spécifiques, et c’est sur ce terrain que l’exposition progressive et l’hypnose trouvent leur place.

Pour les phobies spécifiques, la prise en charge de référence est la thérapie d’exposition (exposition graduée, dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales) : on se confronte progressivement à la situation redoutée jusqu’à ce que l’anxiété retombe. Le même principe vaut pour les phobies de type animal, comme la peur des araignées. L’hypnose se positionne en complément : elle travaille surtout sur l’anticipation anxieuse et l’image mentale de la chute. Le rapport de l’INSERM (2015) rappelle que les preuves d’efficacité de l’hypnose sont surtout établies en anesthésie et sur le syndrome de l’intestin irritable, et restent limitées sur les phobies : elle vient appuyer la prise en charge, elle ne la remplace pas.

Le principe de l’exposition graduée, tel que le décrit le Manuel MSD, consiste à établir avec le thérapeute une liste de situations rangées de la moins à la plus angoissante, puis à les aborder une à une jusqu’à ce que l’anxiété baisse. Appliquée aux escaliers, une telle liste pourrait commencer par regarder la photo d’un escalier, se tenir au pied d’un escalier de quelques marches, monter puis redescendre trois marches en tenant la rampe, et finir des semaines plus tard par un escalier long, raide ou ajouré. Chaque étape ne se franchit que lorsque la précédente est devenue supportable. Le rythme se décide avec le praticien, et revenir d’un cran en arrière n’a rien d’un échec : cela indique seulement que la marche suivante était trop haute. Le même manuel indique que la thérapie d’exposition fait mieux que l’absence de traitement chez environ 85 % des patients atteints d’une phobie spécifique.

Le manuel mentionne aussi l’apprentissage de techniques de relaxation, l’hypnose étant citée en exemple, comme une composante de cette thérapie. C’est la place la plus juste pour l’hypnose face à la peur des escaliers : préparer chaque palier en séance, répéter mentalement une descente avant de la faire pour de vrai, et apprendre une courte routine de respiration à utiliser en haut des marches. Quand la peur touche aussi le vide et les hauteurs en général, il s’agit plutôt d’acrophobie, une phobie voisine souvent confondue avec la climacophobie.

ApprocheCe qu’elle viseSa place
Exposition graduée (TCC)Se confronter par paliers aux escaliers jusqu’à ce que l’anxiété diminuePrise en charge de référence des phobies spécifiques
HypnoseDésamorcer l’anticipation anxieuse et l’image mentale de la chuteComplément, en appui sur l’exposition
Auto-hypnoseCouper court à une montée d’anxiété devant un escalier (respiration, ancrage)Outil d’autonomie au quotidien
Sophrologie, relaxationRéduire la tension corporelle généraleSoutien complémentaire

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William Charron s’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

William Charron

Passionné par le bien-être et le développement personnel, je m’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

  • Combien de séances pour vaincre la phobie des escaliers ?

    Il n’existe pas de nombre de séances fixe, et l’annoncer avant de vous avoir reçu n’aurait pas de sens : la réponse dépend de l’ancienneté de la peur, de son retentissement au quotidien et de son origine, selon qu’elle est liée ou non à un événement précis comme une chute. Le premier rendez-vous sert justement à cerner votre situation et à vérifier avec vous que l’hypnose y a du sens. Le traitement de référence des phobies spécifiques reste l’exposition graduée ; l’hypnose intervient en complément, jamais à sa place.

  • Quelle différence entre climacophobie et acrophobie ?

    La climacophobie est la peur spécifique des escaliers : les monter, les descendre, ou simplement les regarder. L’acrophobie est la peur du vide et des hauteurs en général. Une personne peut souffrir uniquement de climacophobie sans avoir peur du vide. Pour l’une comme pour l’autre, l’exposition graduée reste le traitement de référence et l’hypnose peut l’accompagner ; le travail cible simplement des déclencheurs différents.

  • Pourquoi ai-je peur de descendre les escaliers ?

    La descente d’un escalier demande plus de coordination visuelle et d’équilibre que la montée : le regard plonge vers le bas, le pied cherche son appui. Une chute passée, même sans gravité, un trouble de l’équilibre ou une expérience marquante peuvent installer la peur. Après une chute, et surtout chez une personne âgée, un avis médical passe en premier. Ensuite, l’accompagnement porte sur l’anticipation anxieuse qui s’est installée autour de l’escalier, en complément d’une exposition progressive.

  • L'hypnose marche-t-elle aussi sur la peur des escalators ?

    Elle peut l’accompagner. La peur des escalators (escaliers mécaniques) relève souvent du même mécanisme : peur de la chute, perte de contrôle sur le mouvement, vertige. Le travail porte alors sur ce que ces peurs ont en commun, l’anticipation anxieuse et l’image mentale de la chute, et l’exposition se fait sur les situations réelles, escaliers du métro ou escalators des centres commerciaux.

  • Que faire si une crise de panique arrive devant un escalier ?

    Une courte routine apprise en séance, à pratiquer d’abord au calme, aide à couper court à une montée d’anxiété : respiration ample, regard posé sur un point fixe en haut ou en bas de l’escalier, main sur la rampe. Pendant les premières semaines, certaines personnes préfèrent prendre l’ascenseur quand c’est possible, le temps de progresser dans l’exposition. La progression est graduelle, jamais forcée. Si les crises de panique surviennent aussi hors des escaliers, il faut en parler à un médecin.

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