Phobie-3

La peur des araignées devient une phobie spécifique de type animal lorsqu’elle est intense, durable et qu’elle vous fait éviter des lieux ou des situations. Son traitement de référence n’est pas l’hypnose, c’est l’exposition graduée, un contact progressif et répété avec ce qui déclenche la peur. Le Manuel MSD la décrit comme le traitement de prédilection et indique qu’elle « aide plus de 90 % des personnes qui la pratiquent assidûment ».

L’hypnose n’a pas ce statut, et vous laisser croire l’inverse serait malhonnête. Le rapport d’expertise que l’Inserm a consacré à l’hypnose en 2015 a passé en revue cinq domaines (santé des femmes, troubles digestifs, chirurgie et médecine interventionnelle, psychiatrie et addictologie, soins dentaires). Les phobies spécifiques n’y figurent pas, et hors anesthésie et syndrome de l’intestin irritable, le rapport conclut que « les données ne permettent pas de conclure ». Le détail de cette expertise est repris sur notre page consacrée à l’évaluation de l’hypnose par l’Inserm.

Cette page a été entièrement réécrite en juillet 2026. Elle expose ce que recouvre réellement l’arachnophobie, ce que les araignées de France représentent comme danger, les prises en charge dont l’efficacité est documentée, et l’endroit précis où un accompagnement en hypnose peut servir. Elle corrige aussi, nommément, six affirmations fausses qu’elle a longtemps portées.

L’essentiel à retenir

Ce que recouvre le mot arachnophobie

Le terme désigne la peur des araignées. Il est souvent étendu aux autres arachnides, scorpions et acariens, qui appartiennent au même groupe zoologique. Cette extension relève de l’usage courant, pas d’une catégorie diagnostique. Dans les classifications médicales, la peur des araignées entre dans les phobies spécifiques de type animal, aux côtés de la peur des serpents, de la peur des rats et plus largement de la zoophobie.

Le Manuel MSD retient six critères pour parler de phobie spécifique. La peur doit être intense et présente depuis au moins six mois, porter sur un objet ou une situation précise, survenir immédiatement à la confrontation, conduire à l’évitement, être hors de proportion avec le danger réel, et provoquer une souffrance importante ou entraver considérablement le fonctionnement de la personne. Une peur qui ne coche pas ces cases reste une peur, pas un trouble.

Ce qu’on observePeur ordinairePhobie spécifique
DéclencheurL’araignée elle-même, vue de prèsUne photo, une toile, un mot, l’idée qu’il pourrait y en avoir une
DuréePassagère, liée à la surpriseInstallée depuis au moins six mois
RéactionSursaut, gêne, on s’éloigneRéaction immédiate, parfois attaque de panique
ÉvitementAucun ou marginalPièces, caves, jardins, vacances, logements écartés à l’avance
Conscience du décalageSans objetLa personne sait que sa peur est excessive et se sent démunie
RetentissementNulVie sociale, professionnelle ou familiale entamée

Ce que déclenche la confrontation

La réaction est physique avant d’être réfléchie. Accélération du rythme cardiaque, sueurs, respiration courte, jambes qui se dérobent, envie de fuir la pièce. Chez certaines personnes, la confrontation déclenche une véritable attaque de panique, avec la sensation de perdre le contrôle. Le Manuel MSD note que les personnes concernées évitent les situations déclenchantes ou les supportent dans une grande souffrance, ce qui conduit parfois à cette crise de panique. Sur la mécanique de l’angoisse et de la panique, notre page consacrée au stress, à l’angoisse et à l’anxiété détaille ce qui se joue.

Le coût réel se mesure moins dans la crise que dans l’évitement. On ne descend plus à la cave, on ne range plus le garage, on fait vérifier une chambre avant de s’y coucher, on renonce à une location parce qu’elle a un jardin. Le Manuel MSD relève d’ailleurs que les personnes souffrant d’une phobie spécifique en présentent souvent au moins deux.

Combien de personnes sont concernées

Deux mesures sérieuses existent, et elles ne disent pas la même chose parce qu’elles ne mesurent pas la même chose. Le Manuel MSD indique que les phobies spécifiques, toutes formes confondues, touchent environ 8 % des femmes et 3 % des hommes chaque année. Une enquête suédoise publiée en 1996 dans Behaviour Research and Therapy, conduite auprès de 704 répondants tirés au sort parmi 1 000 adultes de 18 à 70 ans, a mesuré une prévalence ponctuelle de 19,9 % pour l’ensemble des phobies spécifiques, dont 12,1 % chez les femmes et 3,3 % chez les hommes pour la catégorie des phobies animales, qui regroupe araignées et serpents.

Aucune de ces deux sources ne donne un chiffre propre à la seule peur des araignées en France. Nous n’en avancerons donc pas. C’est moins spectaculaire qu’un grand nombre rond, c’est surtout ce que les données permettent d’écrire.

Ce que cette page affirmait, et pourquoi c’était faux

Ce texte datait de plusieurs années et reprenait des formulations qui circulent sur la quasi-totalité des sites d’hypnose traitant de l’arachnophobie. Plutôt que de les effacer discrètement, voici ce qui a été retiré et pourquoi.

Ancienne affirmationCe qui ne va pasCe qu’on peut écrire
« Il existe 26 millions d’arachnophobes en France »La France compte 69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026 (Insee). 26 millions représenteraient près de quatre habitants sur dix, sans commune mesure avec les prévalences mesurées. La phrase suivante du même paragraphe annonçait d’ailleurs 3,5 à 6,1 %, ce qui la contredisait.Chiffre retiré. La fourchette de 3,5 à 6,1 % a été retirée elle aussi, faute d’une source primaire consultable.
« Une séance d’hypnose peut soigner l’arachnophobie »Aucune donnée ne soutient qu’une séance d’hypnose fasse disparaître une phobie spécifique.Le protocole documenté en une séance existe, mais c’est une thérapie d’exposition, décrite plus bas.
« L’hypnothérapie est très efficace concernant le traitement phobique »Contredit le rapport de l’Inserm de 2015 et une revue systématique de 2007 qui conclut que les essais randomisés disponibles ne suffisent pas à soutenir l’usage de l’hypnose dans l’anxiété.L’exposition graduée reste le traitement. L’hypnose se place en accompagnement.
« Entre une ou deux séances seront nécessaires pour vous soigner »Promesse de délai invérifiable, formulée avant même de vous avoir reçu.Retirée. Nous n’annonçons pas de nombre de séances.
« Vous remonterez aux origines de votre peur »Description d’une régression hypnotique, dont le principal risque documenté est la création de faux souvenirs.Retirée. Voir la section sur ce que nous ne faisons pas.
« Des stimulations hypnotiques viendront supprimer les sentiments désagréables »Formulation sans contenu clinique identifiable. Personne ne sait ce qu’est une « stimulation hypnotique ».Retirée.

Les araignées de France, ce qu’en dit le Muséum

Le Muséum national d’Histoire naturelle recense environ 1 700 espèces d’araignées en France, sur près de 53 000 dans le monde. Sa fiche de référence est sans ambiguïté sur la dangerosité : « La composition du venin d’une araignée diffère d’une espèce à l’autre, mais, dans tous les cas, il n’est pas mortel pour l’humain, contrairement à ce que l’on croit. »

Le Muséum ajoute plusieurs éléments qui pèsent lourd quand on redoute une morsure. Les contacts physiques entre humains et araignées sont très rares, il faut qu’une araignée soit vraiment acculée pour mordre en défense. Les rares morsures sont pour la plupart « sèches », sans injection de venin. Très peu d’araignées ont des crochets assez grands pour percer la peau humaine, bien trop épaisse. Sur les 52 390 espèces répertoriées dans le monde, une centaine seulement peuvent provoquer une réaction chez l’humain. Enfin, une araignée mesure en moyenne 5 mm à 1 cm sans les pattes, et elle mord, elle ne pique pas.

Pourquoi « elles sont utiles » ne soigne personne

Ces informations sont exactes, et elles ne traitent aucune phobie. C’est même écrit dans les critères diagnostiques : la peur est « hors de proportion avec le danger réel », et le Manuel MSD précise que les personnes concernées reconnaissent que leur angoisse est excessive et sont donc conscientes d’avoir un problème. Autrement dit, vous le savez déjà. Une phobie n’est pas un déficit d’information.

Le discours bienveillant sur l’utilité écologique des araignées produit souvent l’effet inverse de celui recherché. Il ajoute de la honte à la peur, il donne le sentiment de ne pas être pris au sérieux, et il pousse à cacher le problème plutôt qu’à en parler. Nous avions fait le même constat sur la peur des cafards, où l’argument hygiéniste remplit exactement la même fonction contre-productive.

Une étude publiée en 2021 dans Frontiers in Ecology and Evolution, menée auprès d’un échantillon représentatif de 1 015 adultes slovaques, a cherché quels traits déclenchent la réaction. Les auteurs identifient principalement des chélicères élargies, un abdomen élargi et la pilosité du corps. Ils mesurent deux réactions distinctes, la peur et le dégoût, et c’est un point utile : le dégoût ne se raisonne pas avec un argument. Il se travaille par l’habituation, c’est-à-dire par l’exposition.

D’où vient cette peur

La question revient à chaque premier entretien, presque toujours sous la forme « je ne me souviens d’aucun événement déclencheur ». C’est fréquent, et ce n’est pas un problème. Une phobie n’exige pas un traumatisme fondateur pour s’installer.

Une étude publiée en 2020 dans Scientific Reports a mesuré la transmission de la peur à l’intérieur des familles. Quatre-vingt-trois duos enfant-parent ont été recrutés. Le parent était filmé pendant une procédure de conditionnement où un signal était associé à un choc et un autre non. Les enfants, âgés de 8 à 12 ans, regardaient cette vidéo ainsi que celle d’un adulte inconnu soumis au même protocole avec un signal différent. Confrontés ensuite à tous les signaux, sans aucun choc, les enfants montraient une réponse électrodermale plus forte face aux signaux associés au choc chez leur parent et chez l’inconnu. Les auteurs concluent que les enfants acquièrent la peur de façon indirecte et que cela se mesure physiologiquement.

Ce résultat a une conséquence pratique. Si vous êtes arachnophobe et parent, ce que votre enfant observe compte davantage que ce que vous lui expliquez. Ce n’est pas une culpabilisation, c’est une bonne raison de traiter la question pour soi. Sur ce que l’on peut proposer aux plus jeunes, voir notre page sur l’hypnose chez l’enfant.

À côté de cet apprentissage par observation, la peur peut évidemment naître d’une expérience directe, ou s’entretenir par la culture et les représentations. Nous ne trancherons pas ici le débat entre part innée et part acquise, qui reste ouvert dans la littérature scientifique et sur lequel personne n’a de réponse définitive à vous donner.

Les prises en charge dont l’efficacité est documentée

L’exposition graduée, traitement de référence

Le principe consiste à se confronter progressivement et de façon répétée à ce qui déclenche la peur, en imagination puis en réalité, en franchissant des étapes calibrées avec un thérapeute. Le Manuel MSD la désigne comme le traitement de prédilection, indique qu’elle aide plus de 90 % des personnes qui la pratiquent assidûment et qu’elle est presque toujours le seul traitement nécessaire pour les phobies spécifiques. L’Assurance Maladie rappelle de son côté que les thérapies cognitivo-comportementales ont prouvé leur efficacité sur les troubles anxieux.

Les médicaments n’occupent qu’une place marginale. Le Manuel MSD les décrit comme peu efficaces pour surmonter une phobie spécifique, avec une exception ponctuelle pour permettre de traverser une situation précise, sans que cela élimine la phobie.

Le protocole en une séance, méconnu et pourtant central

C’est l’information que presque aucun site d’hypnose ne mentionne, alors qu’elle concerne directement les phobies animales. En 1989, dans Behaviour Research and Therapy, Lars-Göran Öst décrit un traitement en une seule séance combinant exposition in vivo et modelage, c’est-à-dire le fait que le thérapeute exécute d’abord lui-même le geste redouté. Sur une série consécutive de 20 patients, la durée moyenne de traitement était de 2,1 heures et, au terme d’un suivi moyen de quatre ans, 90 % des patients étaient nettement améliorés ou complètement rétablis.

Une revue publiée en 2008 dans Behavior Therapy par Zlomke et Davis en détaille les composantes : exposition, modelage participatif, remise en question des croyances et renforcement, le tout au sein d’une séance unique plafonnée à trois heures. Les auteurs soulignent que des essais menés par des équipes indépendantes restent nécessaires. Précision qui a son importance ici : ce protocole est une thérapie d’exposition. Il n’a rien à voir avec la promesse d’une guérison en une séance d’hypnose que portait l’ancienne version de cette page.

Réalité virtuelle et réalité augmentée

Pour beaucoup de personnes, la première marche de l’exposition est infranchissable parce qu’elle suppose une araignée réelle dans la pièce. Les dispositifs numériques répondent précisément à ce blocage. Une méta-analyse publiée en 2019 dans Frontiers in Psychology a comparé exposition en réalité virtuelle et exposition in vivo sur 9 essais randomisés et 371 participants. Les deux approches produisent des effets importants, et la différence entre elles n’est pas significative (g = -0,20). Sur le sous-groupe des phobies spécifiques, les auteurs écrivent n’avoir trouvé aucune preuve que l’exposition en réalité virtuelle soit moins efficace que l’exposition réelle.

Un essai randomisé contrôlé publié en 2024 dans la même revue a testé la réalité augmentée sur la phobie des araignées : 55 participants répartis entre réalité augmentée, exposition réelle et groupe contrôle, une seule séance, une exposition graduée à quatre distances au moyen d’une application sur téléphone. Les deux groupes traités ont montré une amélioration comportementale statistiquement significative par rapport au contrôle, avec des gains maintenus à un mois. Ces dispositifs ne sont pas encore répandus dans les cabinets français, mais ils existent et il est utile de savoir qu’ils sont étudiés.

ApprocheCe qu’elle viseNiveau de preuve à ce jour
Exposition graduée, thérapie cognitivo-comportementaleL’évitement et la réaction de peur elle-mêmeTraitement de référence. Plus de 90 % d’aide selon le Manuel MSD, efficacité des TCC rappelée par l’Assurance Maladie
Protocole en une séance (Öst)La phobie animale, en séance unique de deux à trois heures90 % nettement améliorés ou rétablis à quatre ans sur 20 patients (1989), revue de 2008 appelant des essais indépendants
Réalité virtuelle ou augmentéeFranchir les premières marches sans araignée réelleNon inférieure à l’exposition réelle sur 9 essais (2019). Essai randomisé favorable en réalité augmentée (2024)
MédicamentsTraverser une situation ponctuellePeu efficaces sur la phobie elle-même (Manuel MSD)
HypnoseL’anticipation, la tension, l’autorégulationNon retenue par l’expertise Inserm 2015 sur les phobies. Revue systématique de 2007 jugeant les essais insuffisants dans l’anxiété

Où se situe l’hypnose, honnêtement

Deux sources encadrent ce qu’il est possible d’écrire. L’expertise de l’Inserm de juin 2015, conduite à la demande de la Direction générale de la santé, retient un intérêt thérapeutique en anesthésie per-opératoire et dans la colopathie fonctionnelle, et conclut pour le reste que « les données ne permettent pas de conclure, du fait soit de résultats divergents, soit d’insuffisance de données, soit de limites méthodologiques importantes ». Les phobies spécifiques ne comptaient pas parmi les indications évaluées.

Une revue systématique publiée en 2007 par Coelho, Canter et Ernst, référencée par la base d’évaluation critique du NHS britannique, conclut de son côté que « les preuves issues des essais randomisés actuels sont insuffisantes pour soutenir l’usage de l’hypnose dans le traitement de l’anxiété », l’évaluation critique précisant que les essais reposaient sur de petits effectifs et une faible qualité méthodologique.

Le Manuel MSD, lui, cite bien l’hypnose dans la prise en charge des phobies spécifiques, mais à une place précise : parmi les techniques de relaxation et de respiration apprises pour être utilisées avant et pendant l’exposition. C’est exactement le périmètre que nous revendiquons.

Ce qu’un accompagnement peut viser

Le travail porte sur ce qui entoure la confrontation plutôt que sur la confrontation elle-même. L’anticipation, d’abord, ces heures ou ces jours passés à redouter une situation prévue. La tension physique et l’hyperventilation, qui transforment un sursaut en crise. Le sommeil, quand la peur d’en voir une dans la chambre le grignote. Et la capacité à franchir une marche d’exposition sur laquelle vous butez depuis des mois.

L’apprentissage de l’auto-hypnose entre dans cette logique : disposer d’un outil d’autorégulation utilisable seul, au moment où vous en avez besoin, sans dépendre d’un rendez-vous. Il faut aussi savoir qu’un mieux rapide peut être suivi d’un retour des symptômes, ce que l’on appelle l’effet rebond, et qui ne signifie pas que le travail est perdu.

Ce n’est pas rien. Ce n’est pas non plus un traitement de la phobie, et nous ne le présenterons jamais comme tel.

Ce que nous ne ferons pas

Nous ne vous ferons pas « remonter aux origines » de votre peur. Cette formulation décrit une régression hypnotique, et son principal risque documenté est la fabrication de souvenirs qui n’ont jamais existé. Le rapport de l’Inserm de 2015 range la « création de faux souvenirs » parmi les effets secondaires rapportés par les hypnothérapeutes eux-mêmes, et situe le risque principal de l’hypnose « au niveau éthico-juridique, avec notamment le risque de manipulation psychologique et de création de faux souvenirs ».

Une revue publiée en 2025 dans Frontiers in Psychology par Leo, Bruno et Proietti, consacrée au rôle de l’hypnose dans le rappel mnésique et la formation de faux souvenirs, aboutit à la même prudence : la régression hypnotique et l’imagerie guidée doivent être maniées avec précaution en raison du risque de créer des souvenirs erronés. Retrouver une cause n’a de toute façon jamais été la condition d’un changement de comportement. Notre page sur les dangers de l’hypnose détaille ce point.

Nous n’annoncerons pas non plus un nombre de séances avant de vous avoir reçu, et nous ne promettrons pas la disparition de la peur. Si votre situation relève d’abord d’une thérapie d’exposition menée par un psychologue ou un psychiatre, nous vous le dirons.

Comment se déroule un accompagnement au cabinet

Le premier rendez-vous sert à établir ce qui se passe réellement. Ce que vous évitez concrètement, depuis quand, ce que cet évitement vous coûte, ce que vous avez déjà tenté, si un suivi médical ou psychologique est en cours, et si d’autres peurs se sont installées à côté de celle-ci. Ce n’est pas une formalité : c’est là que se décide si nous sommes le bon interlocuteur.

L’objectif est ensuite formulé en comportement observable, pas en ressenti. Rester dans une pièce où une araignée est visible, descendre à la cave sans faire vérifier, dormir dans une chambre après y avoir vu une toile. Un objectif de ce type se vérifie, contrairement à « ne plus avoir peur ». Les séances combinent ensuite l’apprentissage d’un outil d’autorégulation et des étapes de confrontation réelles, décidées avec vous, jamais imposées.

Le point est refait régulièrement à partir de ces étapes. Si rien ne bouge, ce n’est pas à vous de forcer davantage : c’est à nous de dire que l’approche ne convient pas et de vous orienter. Pour en parler, vous pouvez nous contacter.

Choisir un praticien dans une profession non réglementée

Le rapport de l’Inserm est explicite sur ce point : « Le statut d’hypnothérapeute, non réglementé, concerne ainsi des praticiens aux qualifications forts différentes. » Aucun diplôme d’État, aucun ordre professionnel, aucun titre protégé n’encadrent l’activité en cabinet. Trois questions permettent de trier rapidement : quelle formation, quelle position sur les traitements en cours, et quelle réponse quand vous demandez combien de séances seront nécessaires. Un praticien qui vous annonce un chiffre par téléphone vous vend une certitude qu’il n’a pas. Notre page sur le choix d’un hypnotiseur reprend ces vérifications.

Quand consulter un médecin

Certaines situations demandent un avis médical avant, ou à la place, de tout accompagnement en hypnose. L’Assurance Maladie le formule simplement : si vous avez des symptômes d’anxiété qui durent, consultez votre médecin, car il est difficile de juger par soi-même. C’est le médecin qui pose le diagnostic en évaluant le retentissement de l’anxiété sur la vie quotidienne, et qui oriente vers un psychologue ou un psychiatre formé aux thérapies cognitivo-comportementales.

Si des idées noires ou des pensées suicidaires apparaissent, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En cas d’urgence vitale, composez le 15 ou le 112.

Pour aller plus loin

Plusieurs peurs voisines sont traitées en détail sur ce site. La phobie des insectes suit une mécanique proche, tout comme la peur des abeilles, avec cette différence que le risque d’allergie au venin y est réel et change la donne. La peur des cafards pose la même question du dégoût et du discours rassurant qui rate sa cible.

Sur les autres phobies animales, voir la peur des serpents, la peur des rats et la zoophobie, qui recouvre l’ensemble. Sur le versant anxieux, notre page consacrée au stress, à l’angoisse et à l’anxiété expose ce que l’hypnose documente le mieux, et celle sur l’évaluation de l’hypnose par l’Inserm donne le détail de l’expertise citée tout au long de cette page.

Sources

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William Charron s’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

William Charron

Passionné par le bien-être et le développement personnel, je m’intéresse depuis de nombreuses années à l’hypnose et à ses applications thérapeutiques.

  • L'hypnose peut-elle guérir la phobie des araignées ?

    Non, pas à elle seule, et aucune donnée ne permet de l’affirmer. Le traitement de référence des phobies spécifiques est l’exposition graduée, que le Manuel MSD décrit comme le traitement de prédilection et qui aide plus de 90 % des personnes qui la pratiquent assidûment. L’expertise de l’Inserm de 2015 n’a pas évalué les phobies spécifiques, et une revue systématique de 2007 conclut que les essais randomisés disponibles sont insuffisants pour soutenir l’usage de l’hypnose dans l’anxiété. Un accompagnement en hypnose peut en revanche viser l’anticipation, la tension physique et le sommeil, à côté d’une démarche d’exposition.

  • Quel est le traitement de référence de la phobie des araignées ?

    L’exposition graduée, seule ou dans le cadre d’une thérapie cognitivo-comportementale. Elle consiste à se confronter progressivement et de façon répétée à ce qui déclenche la peur, par étapes calibrées avec un thérapeute. Le Manuel MSD indique qu’elle est presque toujours le seul traitement nécessaire pour les phobies spécifiques. Un protocole en une seule séance de deux à trois heures, décrit par Lars-Göran Öst en 1989, a montré 90 % de patients nettement améliorés ou rétablis après un suivi moyen de quatre ans, sur une série de 20 patients.

  • Les araignées de France sont-elles dangereuses pour l'homme ?

    Le Muséum national d’Histoire naturelle écrit que la composition du venin varie d’une espèce à l’autre mais que, dans tous les cas, il n’est pas mortel pour l’humain. Les contacts physiques sont très rares, une araignée ne mord qu’acculée, les rares morsures sont le plus souvent sèches, sans injection de venin, et très peu d’espèces ont des crochets capables de percer la peau humaine. Sur les 52 390 espèces répertoriées dans le monde, une centaine seulement peuvent provoquer une réaction chez l’humain.

  • Faut-il avoir vécu un traumatisme pour devenir arachnophobe ?

    Non. Beaucoup de personnes ne retrouvent aucun événement déclencheur, et ce n’est pas un obstacle. Une étude publiée en 2020 dans Scientific Reports, portant sur 83 duos enfant-parent, a montré que des enfants de 8 à 12 ans acquièrent une peur simplement en observant la réaction d’un adulte, avec une réponse physiologique mesurable. La peur peut aussi naître d’une expérience directe ou s’entretenir par les représentations culturelles.

  • L'hypnose peut-elle faire remonter à l'origine de la peur ?

    C’est une pratique répandue, et nous ne la proposons pas. La régression hypnotique expose à la fabrication de souvenirs qui n’ont jamais existé. Le rapport de l’Inserm de 2015 cite la création de faux souvenirs parmi les effets secondaires rapportés par les hypnothérapeutes, et situe le risque principal de l’hypnose au niveau éthico-juridique, avec le risque de manipulation psychologique et de faux souvenirs. Une revue publiée en 2025 dans Frontiers in Psychology appelle à la même prudence. Retrouver une cause n’est de toute façon pas la condition d’un changement de comportement.

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